L’ARCQ, au service des radios au service des citoyens
« La radio communautaire n’a jamais été aussi pertinente qu’aujourd’hui, en 2010 », assure Martin Bougie, directeur général de l’Association des radiodiffuseurs communautaires du Québec (ARCQ).
Avec l’implantation d’une Maison mondiale de la radio communautaire, qui prendra place en 2011 dans l’édifice 2-22, jamais n’aura-t-elle non plus été aussi visible au cœur de Montréal. L’expertise développée au Québec en matière de radio locale au service de la communauté, sera renforcée par la collaboration plus étroite entre l’Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC), l’ARCQ et CIBL 101,5 Radio-Montréal.
Pour M. Bougie, un modèle unique s’est développé au Québec au niveau de la radio communautaire. Un modèle qui, loin de s’essouffler, gagne en pertinence au fil des mouvements de concentration et de restructuration centrés sur la rentabilité au sein des grands médias traditionnels. « Il y a un besoin croissant d’information locale, autant dans les régions plus rurales, qui sont généralement moins bien couvertes par les grands réseaux médiatiques, qu’en milieu urbain. Bon an, mal an, cinq projets de création de radios communautaires nous sont présentés chaque année. »
Depuis plus de trente ans, l’ARCQ appuie les radios communautaires de Blanc-Sablon jusqu’à Sherbrooke à travers des actions de représentation, de soutien à leur développement et l’accès à de nombreux services.
L’organisme représente les intérêts des radios communautaires devant les instances politiques, les groupes de réflexions et les instances de réglementation des médias. Il a par exemple joué un rôle crucial dans l’adoption d’une directive gouvernementale exigeant du gouvernement du Québec que 4 % des ses achats publicitaires soient faits auprès de médias communautaires. Il siège à de nombreux comités et a contribué aux audiences publiques de plusieurs commissions fédérales et provinciales sur l’avenir des médias.
L’appui au développement des radios communautaires prend la forme d’un soutien à la création des nouvelles stations et, pour les stations déjà bien établies, à l’accès à des conseils pour mettre en place de nouveaux modèles d’affaire ou une plate-forme Internet, par exemple.
Les services offerts aux stations vont de l’organisation d’un congrès annuel, où formation et réseautage permettent aux radiodiffuseurs de partager leur expertise, à un bulletin d’information diffusé afin de tenir les membres au courant des modifications législatives et réglementaires qui peuvent affecter leur travail.
Les liens de l’ARCQ avec la station CIBL 101,5 Radio-Montréal sont déjà très solides. Avec son virage vers l’information locale, la mise sur pied de plusieurs innovations dans le milieu de la radio communautaire québécoise (notamment de sa plate-forme Internet) et le développement d’une stratégie de financement à partir de la communauté, Martin Bougie considère la station comme un véritable « laboratoire ».
Avec l’AMARC, les relations étaient jusqu’ici de l’ordre de la fréquentation et le couple se prépare maintenant à « emménager ensemble », une cohabitation enthousiasmante qui permettra d’élargir les horizons et de partager l’expertise de l’ARCQ selon Martin Bougie.
Les prochaines années risquent donc fort d’être passablement occupées pour l’association. À ces nouveaux partenariats s’ajoutent les défis qui se profilent face aux profonds changements en cours dans l’univers des médias. « Le pouvoir au sein des médias a changé de main : à présent ce n’est plus le média qui impose une façon de présenter l’information, mais c’est l’auditeur qui dicte ses besoins. Et l’auditeur, maintenant, il veut participer à la discussion sur l’actualité. En ce sens, les radios communautaires ont un avantage sur les médias traditionnels puisqu’elles sont axées sur la participation citoyenne et ont déjà développé des moyens de donner la parole aux auditeurs. »
L’atrium du 2-22 où sera installé le studio principal de CIBL 101,5 Radio-Montréal deviendra d’ailleurs un lieu privilégié d’interaction entre auditeurs et médias communautaires. À vous la parole !
Gabrielle Michaud-Sauvageau
L’ARCQ compte 34 stations membres, réparties aux quatre coins du Québec.
